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Un indice compromettant contre le tueur de Hong Kong

Hong Kong : l’étrange message d’absence du tueur britannique

Le trader britannique inculpé pour un double meurtre à Hong Kong, pour lequel le père d’une victime réclame mardi la peine de mort, aurait laissé un indice suggérant qu’il pourrait commettre un crime. Selon Bloomberg, Rurik Jutting aurait paramétré un message d’absence sur son adresse e-mail professionnelle, avant de quitter, il y a peu, son emploi à la Bank of America Merril Lynch.

«Je ne suis pas au bureau. Pour une durée indéterminée. Pour toute urgence, ou toute demande en fait, merci de contacter quelqu’un qui n’est pas un psychopathe fou», débute la réponse automatique reçue par Bloomberg samedi.

Le reste du message est plus laconique : «En cas d’escalade, merci de contacter Dieu, mais je suspecte que le diable aura la garde.» Bloomberg précise n’avoir pas pu vérifier que le suspect est bien l’auteur de ces lignes.

Un employé de la banque, interrogé par le «New York Times», affirme en outre que son ancien collègue aurait démissionné le 27 octobre, soit le  jour de la mort d’une des deux victimes.

Un crime «sadique», dénonce un proche

Le père d’une des deux victimes indonésiennes a dénoncé mardi un crime «sadique», réclamant la peine de mort pour le trader britannique, inculpé lundi et placé en détention provisoire.

Interrogé à Cilacap, une ville portuaire de la côte est de Java, le père de Sumarti Ningsih, Ahmad Kaliman, 58 ans, a exprimé sa colère après le meurtre de sa fille. «Je veux que le meurtrier de mon enfant soit condamné à mort. Il l’a tuée de manière sadique, donc il doit être exécuté», a-t-il dit. La peine de mort n’existe pas à Hong Kong, contrairement à la Chine continentale.

«Je sollicite aussi les gouvernements indonésien et hongkongais pour qu’ils rapatrient au plus vite le corps de notre enfant. Je veux qu’elle soit inhumée en Indonésie», a ajouté Kaliman. Il a indiqué que la famille avait appris le meurtre de leur fille par une connaissance de celle-ci à Hong Kong.

«Nous avons été informés par téléphone que notre fille a été tuée. J’étais très choqué d’apprendre cela, d’autant plus quand on m’a dit qu’il était difficile d’identifier le corps», ajouté le père.

Prochaine audience lundi

Rurik Jutting, un homme de 29 ans à l’allure imposante, a comparu lundi devant un tribunal de l’ancienne colonie britannique qui a fixé la prochaine audience au 10 novembre. Il avait appelé aux premières heures de samedi la police à se rendre dans son appartement au 31e étage d’un immeuble du quartier résidentiel de Wanchai, dans le centre de Hong Kong, où les expatriés sont très nombreux.

Les enquêteurs y ont découvert le corps d’une femme dénudée présentant des plaies au cou et aux fesses : Seneng Mujiasih, une Indonésienne de 29 ans. Après plusieurs heures de recherches dans l’appartement, ils ont découvert le corps, mutilé et en état de décomposition, de Sumarti Ningsih, entreposée dans une valise placée sur le balcon.

Cette dernière issue d’une famille d’exploitants agricoles pauvres de l’île de Java, la plus peuplée d’Indonésie, a été tuée le 27 octobre, soit cinq jours avant la découverte du corps, selon des documents de l’enquête judiciaire. La police supposait que les victimes originaires d’Asie du Sud-Est étaient des prostituées, mais Ningsih avait déclaré à ses parents qu’elle travaillait dans un restaurant à Hong Kong, ville accueillant de nombreuses immigrées indonésiennes.

Par AFP