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Le tourisme spatial, loin d’être en orbite

U.S. National Transportation Safety Board photo shows the wreckage of Asiana Airlines Flight 214 that crashed at San Francisco International Airport in San FranciscoCrash du Virgin Galactic : Richard Branson veut toujours croire au tourisme spatial

Le milliardaire britannique a promis de poursuivre ses projets de voyages dans l’espace, malgré le crash d’un vaisseau faisant un mort et un blessé grave.

Ce crash a de quoi donner des sueurs froides à Lady Gaga, Kate Winslet, Angelina Jolie ou autre Ashton Kutcher, ces stars qui, comme 800 autres personnes, ont déjà réservé un voyage dans l’espace – à 200.000 euros! – à bord d’un vaisseau de Virgin Galactic.

Ce vendredi, le «SpaceShip Two», qui effectuait son premier vol d’essai avec un nouveau carburant, s’est écrasé, dans le désert californien du Mojave, faisant un mort et un blessé grave. Hasard malheureux pour le secteur du tourisme spatial privé, quelques jours avant, la fusée Antares (non habitée) d’Orbital Sciences, a explosé en vol. Des signaux négatifs pour le marché du tourisme spatial.

Aux investisseurs et aux clients, le patron de Virgin Galactic, le milliardaire britannique Richard Branson, qui vit un des plus gros échecs de sa carrière, a immédiatement assuré que son projet de proposer des voyages dans l’espace continuait: «Nous avons toujours su que la route de l’espace était extrêmement difficile – et que tous les nouveaux moyens de transport doivent passer par des jours difficiles au début de leur histoire. (…) L’espace est difficile mais il vaut le coup. Nous allons persévérer et avancer ensemble.»

Nul doute, après cet évènement, que l’objectif de Richard Branson de démarrer ses premiers vols commerciaux depuis le premier spatioport grand public du monde, Spaceport America (Nouveau-Mexique aux États-Unis), d’ici à la fin de l’année sera encore repoussé.

Au tout début de l’histoire en effet, quand le projet a été dévoilé fin 2009, il était question de pouvoir démarrer les vols dès… 2011. Il aura fallu finalement attendre avril 2013 pour effectuer le premier test moteur de l’appareil en vol. Puis un deuxième vol-test a eu lieu en septembre 2013, les images sont spectaculaires. Puis un troisième en janvier 2014. Ce n’est finalement qu’en mai dernier que Virgin Galactic a obtenu le feu vert des autorités américaines pour transporter des passagers dans l’espace dans des vols commerciaux. À ce moment-là, Richard Branson vise le premier vrai vol pour fin 2014.

Alors que tout porte à croire que le projet sera retardé, sur le papier, il n’en demeurre pas moins spectaculaire: une fois montés dans le vaisseau SpaceShipTwo, les passagers (jusqu’à six) seront d’abord «tractés» par son vaisseau-mère baptisé «Le chevalier blanc» («White Knight») jusqu’à environ 18.000 mètres, puis les vaisseaux se détacheront et se déplaceront à plus de 3000 km/h en 10 secondes pour être propulsés dans l’espace. À 21 kilomètres d’altitude, les touristes spatiaux pourront se lever de leur siège et regarder la Terre à travers des hublots, et flotter en apesanteur. Si le projet venait à son terme, un touriste spatial aura même l’occasion de vivre l’expérience avec… Leonardo DiCaprio. Pour cela, il a déboursé 700.000 euros. Des fonds qui ont atteri dans la recherche contre le sida.

Pour Marco Caceres, analyste du cabinet spécialisé Teal Group, à cause de cet accident, on ne devrait «pas voir de vols commerciaux de tourisme spatial l’an prochain et probablement pendant plusieurs années». Coup dur pour le secteur entier. Parmi les autres acteurs du tourisme spatial, il y a XCOR Aerospace. Et Bigelow Aerospace, qui entend même commercialiser des séjours dans des hôtels orbitaux.

Par AFP